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Miami Vice, deux flics à Miami

Miami Vice, deux flics à Miami

On n'aime pas Film policier réalisé en 2006 par Michael Mann

Miami... Deux agents fédéraux et la famille d'un informateur ont été sauvagement exécutés. Une nouvelle enquête commence pour Sonny Crockett et son coéquipier Ricardo Tubbs. Les deux inspecteurs découvrent rapidement que les tueurs étaient au service de la Fraternité aryenne, organisation suprématiste liée à un réseau de trafiquants internationaux doté d'un système de protection ultra sophistiqué. "LA SERIE CULTE" *** 2 FLICS a MIAMI VICE *** un épisode réaliser et interpréter par :

 

 

 

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 16/08/2006

On n'aime pas POUR Noir et brillant On connaît peu de gens qui vouent un culte nostalgique à Deux Flics à Miami, la série télé des années 80 avec Don Johnson, son costume de maquereau aux manches retroussées, son yacht et son alligator de compagnie. De ce côté-ci de l’Atlantique au moins, Michael Mann, qui fut le producteur de la série et signe aujourd’hui l’adaptation au cinéma, ne sera pas handicapé par la cote d’amour du produit original. Ou alors par défaut, au sens où les souvenirs, vagues, pourraient presque passer l’envie au chaland de venir en salle. Ce serait dommage : Miami Vice est un excellent mélange de film d’auteur et de superproduction. D’abord, le sérieux papal de Michael Mann fait un bien fou dans une offre hollywoodienne dégoulinant de clins d’œil, de second degré, d’ironie. Le cinéaste de Heat et de Révélations a reconduit à Miami la nuit quasi permanente qui enténébrait Los Angeles dans Collateral, il y a deux ans. Il fait sombre à tous égards. Le crime organisé et les pratiques policières limites pour le contrer n’inspirent d’humour ni aux mafieux ni aux flics, particulièrement flippés. Cette gravité, plus plausible que les vannes non stop, est le meilleur moyen de nous immerger d’un coup dans la fiction. Le démarrage est abrupt, pas de générique, direct une fusillade dans une boîte de nuit. Pour les présentations, inutile de repasser plus tard. Des deux personnages d’origine, Michael Mann a repris les noms, les couleurs de peau, les manières de frimeurs et la spécificité de leur activité : l’infiltration des pires réseaux de trafiquants. Mais c’est tout. Colin Farrell et Jamie Foxx ont une façon originale de faire croire à leur complicité : ils ne s’adressent pas la parole, comme s’ils se connaissaient mutuellement par cœur. Le personnage de Sonny bénéficie pleinement de l’aura sulfureuse de Colin Farrell, le bad boy de Hollywood, toujours entre frasques et cures de désintoxication (notamment pendant le tournage). Il vit chez Ricardo (Jamie Foxx) et sa copine. C’est une sorte d’amour platonique et muet entre les deux flics, explicité tout de même quand les choses se gâteront par ce cri du cœur de Ricardo à son coéquipier : « Jamais je ne douterai de toi ! » Michael Mann passait jusqu’ici pour un cinéaste très peu sentimental et plutôt macho. Or, d’un point de vue dramaturgique, le meilleur vient de l’idylle à haut risque entre Sonny et Isabella, Sino-Cubaine haut placée dans le cartel mafieux infiltré par les deux agents. Cette liaison dangereuse non planifiée, peu indiquée, prend soudain une place importante dans la vie du flic tête brûlée, comme dans le film. Virée alcoolisée à La Havane, fausses confidences mélancoliques en haute mer : Gong Li, qui fut longtemps une actrice trop lisse, conserve toute l’intensité récemment acquise dans 2046. Avec Farrell, ils forment un couple irrésistible de tricheurs tragiques, fatigués et sexuels, tous deux en sursis et le sachant, presque déjà cuits. Cela resterait néanmoins peu de choses sans le style éblouissant de Michael Mann, toujours plus affirmé. Et totalement paradoxal. D’un côté, le film résulte d’un énorme travail de documentation sur la haute délinquance autour de Miami et sur les méthodes de la police locale. Les acteurs ont effectué des stages d’observation et d’entraînement sans fin, y compris aux franges de la mafia. A cette véracité s’ajoute celle de la vidéo haute définition, d’une précision et d’une profondeur de champ extrêmes. Mais, d’un autre côté, cette netteté même, la sophistication des angles de prise de vue et celle du découpage font dévier l’hyperréalisme vers la vision hallucinatoire. Des affres d’une tuerie au grain de la peau sous les doigts, en passant par les bas-fonds de la ville, tout est trop vrai, trop présent pour ne pas devenir suspect, étrange, stupéfiant. Miami Vice est sans conteste le seul blockbuster estival qui provoque des troubles de la perception. Louis Guichard  

 

CONTRE Lourd et bruyant La première chose que fait Colin Farrell, flic soi-disant génial infiltré auprès d’un caïd de la drogue, c’est de lui piquer sa femme. Curieuse façon de passer inaperçu. Jamie Foxx ne fait pas mieux : au vu et au su des méchants, il invite sa petite amie dans un night-club, ce qui leur permet de l’enlever instantanément. Même James Bond, qui n’était pas très fute-fute question déguisements, aurait honte d’eux. Si Colin Farrell et Jamie Foxx étaient les héros de péripéties fantaisistes, voire parodiques, comme l’était la série TV – pas si géniale que ça, d’ailleurs –, leur incompétence prêterait à sourire. Mais Michael Mann se veut réaliste, l’univers des flics infiltrés jusqu’à la compromission dans des milieux interlopes l’a toujours passionné. Il a, donc, résolument fait de la série souriante un drame sombre, fatal, romantique, shakespearien. Et ennuyeux à périr (l’ennui n’est pas un critère de réussite ou d’échec, au cinéma, on le sait, mais il devrait l’être, parfois). Durant plus de deux heures, donc, un flic au regard bovin et son acolyte s’embrouillent et nous engluent dans un scénario balourd, ballot, prévisible et, d’ailleurs, plus de mille fois vu, que ce soit au cinéma ou dans des séries télé de seconde zone. Suspense inexistant. Humour zéro. Musique tonitruante. Sentimentalisme indécent de cucuterie (inoubliable, la scène d’hôpital où toute l’équipe de gros bras attend, pantelante, le retour à la vie de la copine de Jamie Foxx). Quant à la réalisation, pataude, répétitive, elle se contente d’alterner de longues explications verbeuses avec des moments d’action plus bruyants que spectaculaires. Et qu’on ne parle pas de mise en scène – à moins que quelques cadrages sophistiqués suffisent, désormais, à passer pour du style. Pierre Murat

Louis Guichard*Pierre Murat

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 13/09/2008

On aime beaucoup Film de Michael Mann (Miami Vice, Allemagne/USA, 2006). 135 mn. VM. Avec Colin Farrell : Sonny Crockett.  (Lire la suite)



13/01/2013
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